FIDÉLITÉ & OUVERTURE
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Vie de l'Association

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Adhésion à l'association
Découverte d’un texte de Jean Chouteau
Rappel biographique sur Gérard Soulages
Lettre d'information du 3 août 2015
Renonciation de Benoît XVI et élection du pape François
Cours par correspondance pour approfondir la foi chrétienne
In Memoriam
Quelques photographies de membres du Groupe
La Foi de l'Eglise et l'Ecriture

 

 

 

 

 

 

 

ADHESION A L'ASSOCIATION

Les adhésions à l'association "Fidélité et Ouverture" sont à envoyer à la Trésorière :

Mme Véronique CHEVRIAUT, 1 bis chemin des Vignes, 36130 MONTIERCHAUME.

Montant de l'adhésion : 12 Euros par an. Membre bienfaiteur à partir de 20 €.

Possibilité de demander un reçu pour réduction d'impôts.

 


 

 

 

DECOUVERTE D'UN TEXTE DE JEAN CHOUTEAU

En rangeant des livres début 2016, Madame Chouteau a découvert ce texte de son mari, Jean Chouteau, retraçant les prémices d’une grande amitié avec Madeleine et Gérard Soulages, née dans les difficultés d’être chrétien dans le milieu de l’Education Nationale des années cinquante, comme celles de vivre sa foi dans une Eglise en mutation, bouleversée par les désordres qui se sont emparés d’elle après le Concile Vatican II.
Ce fut le début d’une aventure, celle de Fidélité et Ouverture, quand des croyants se sont levés pour la défense de la Foi catholique, en union avec les personnalités les plus remarquables.
Ce combat porta beaucoup de fruits et nous n’avons pas fini de les découvrir, dans notre Eglise qui se remet lentement et qui cherche à transmettre sa Foi.
« Serviteurs inutiles mais toujours utilisés ! », disait Gérard Soulages.

Voici ce texte de Jean Chouteau :

 

GÉRARD SOULAGES (1912-2005)

 

par Jean CHOUTEAU

C’est à la rentrée scolaire de 1947 que j’ai fait la connaissance de Gérard Soulages. Instituteur à Saint-Martin-de-Lamps, près de Levroux, il parcourait à bicyclette les 25 Km qui le séparaient de Châteauroux pour participer aux réunions de la Paroisse universitaire qui regroupait les chrétiens de l’Education Nationale.

Cette époque d’après guerre, marquée par la renaissance des partis politiques, connaissait une agressivité religieuse particulièrement vive. Je l’ai d’ailleurs personnellement ressentie, à l’Ecole Normale de l’Apprentissage, lorsque le professeur de français s’amusait à contredire, dans ses exemples, certains passages de l’Evangile. Mais c’est à l’Ecole Normale des instituteurs de Châteauroux que l’intransigeance fut le plus marquée en refusant aux élèves internes, l’autorisation de sortir pour assister à la messe du dimanche.

Gérard Soulages prit leur défense. Il se fit des ennemis. Cependant, si le sectarisme l’empêcha d’obtenir le poste de professeur des collèges qu’il demandait, l’enseignement secondaire l’accueillit comme professeur de philosophie au lycée Jean Giraudoux. C’est alors qu’il put s’installer à Châteauroux et finalement s’y épanouir, admiré de ses élèves, accepté de ses collègues, pour la plus grande joie de ses amis.

Le thème de la laïcité fut celui d’une première étude. La séparation de l’Eglise et de l’Etat nous apparut alors dans son aspect positif. Comme la neutralité consiste à ne pas prendre parti, la laïcité ne doit donc appartenir à personne, encore moins à une idéologie, à un syndicat d’enseignants comme à un parti politique. Elle refuse le sectarisme, elle réclame la tolérance. C’est donc à ce titre que les pratiquants, comme les non croyants, peuvent trouver une place et se sentir à l’aise dans l’école laïque.

C’est incontestablement la Paroisse universitaire qui nous permettait de vivre la profondeur de la foi. Mais pour Gérard Soulages, des rencontres familiales devaient également être tentées. C’est ainsi qu’en 1951, les premières vacances furent organisées.

A 900 mètres d’altitude, dans un village de montagne abandonné, d’anciennes bergeries aménagées nous accueillirent, point de départ d’une vie communautaire où les   enfants, libres d’espace et les adultes soucieux de détente, purent apprécier pendant quelques semaines, une vie simplifiée, meublée de prières et de conférences. De solides amitiés se développèrent en ce lieu béni que l’abbé Gaulmier ne manqua pas de baptiser "le Mont Sinaï". C’était dans la Drôme, chez Marcel Légaut, aux Granges de Lesches, dans le Diois.

Riche expérience dont Madeleine et Gérard Soulages profiteront lorsqu’il s’agira d’organiser les sessions d’été du groupe Fidélité et Ouverture qu’ils vont conduire de 1972 à nos jours, pour approfondir les textes d’application du Concile Vatican II que les progressistes et les traditionalistes interprétaient selon des points de vue opposés.
Un bulletin trimestriel fut édité, des réunions parisiennes furent fixées et chaque été, une session de cinq jours permit une mise au point du Groupe soutenu spirituellement et matériellement par une communauté religieuse d’accueil.

C’est alors que la raison d’être de Gérard Soulages nous fut révélée :
La sagesse du philosophe, la compétence du théologien, ses audaces d’écrivain, sa charité à toute épreuve, le mirent en relation avec les plus hautes personnalités de toutes les églises chrétiennes. C’est ainsi que Jean-Paul II, avant d’être pape, lui demanda, en 1975, de venir le voir à Cracovie.

 


 

 

 

RAPPEL BIOGRAPHIQUE SUR GERARD SOULAGES

par Marie-Louise MANSON

 

Il est sans doute opportun de préciser quel fut le parcours du fondateur de FIDÉLITÉ ET OUVERTURE, en puisant à la meilleure source qui soit, à savoir le témoignage de Madame Soulages.
Gérard Soulages est né le 23 août 1912 à Villefranche de Rouergue. Son père revint gazé de la Grande Guerre. Il était instituteur. Sa mère, après avoir exercé le métier de couturière, tint un commerce de nouveautés. Un frère, né en 1916, mourut à quelques mois, et de ses deux sœurs, nées en 1920 et 1924, seule la dernière survécut. C’est dire que cette famille connut de dures épreuves.
Jeune, il passa par le scoutisme, avant de connaître le régiment à Toulouse.
C’est en 1935 qu’il rencontra Marcel Légaut, dont la personnalité spirituelle devait avoir une grande importance pour lui, et dont il fréquenta le groupe de nombreuses années.
Puis il connut un épisode d’intense réflexion philosophique lorsqu’il exerça le métier de berger dans les Hautes-Alpes de 1938 à 1939. Il prépara et passa le baccalauréat en 1942, puis une licence de philosophie.
Il fit la guerre 39-40, notamment en Normandie.
Il fut instituteur d’abord à Château-du-Loir, puis dans l’Indre (Lye, Saint-Martin-de-Lamps, Vineuil). Marié en 1940, il perdit sa femme en 1942 en même temps que leur petite fille. C’est en 1944 qu’il épousa Madeleine Soulages, qui lui donnera quatre enfants ; ils eurent la douleur de perdre le premier à quelques mois.
Quand il passa le concours d’inspecteur primaire, préparé à Saint-Cloud, la route lui fut barrée en raison de ses convictions religieuses.
Nommé instituteur à Châteauroux, il passa en 1958 au lycée de cette ville, où il s’était installé ; il était chargé de cours de littérature, de géographie, etc… avant de se voir confier la chaire de philosophie, qu’il occupera jusqu’en 1972.
C’est alors qu’il se consacra, ainsi que Madame Soulages, au groupe FIDÉLITÉ ET OUVERTURE, fondé avec l’encouragement de plusieurs personnalités de l’Eglise, après les congrès tenus à Strasbourg et Versailles par les "Silencieux de l’Eglise", chrétiens blessés par les dérives issues du Concile Vatican II, dont se réclamaient abusivement des prêtres et des laïcs "contestataires". On sait que le pape Paul VI a parlé à ce propos des "fumées de Satan"… Mais la voie des "intégristes" de Mgr Lefebvre paraissait également impossible à Gérard Soulages, soucieux de fidélité à Rome autant que d’ouverture aux problèmes de l’homme de ce temps. C’est cette ligne de crête qu’il pensa toujours devoir suivre ; ce que reflètent fort bien les activités du Groupe pendant 40 ans et le contenu de son bulletin.
Les détails figurent sur notre site Internet, permettant de se faire une idée plus précise des courants de pensée et des échanges fructueux avec des personnalités de toute sorte du monde intellectuel et ecclésiastique qui marquèrent Gérard Soulages et le mouvement fondé par lui.
Cependant, il n’est pas inutile de rappeler ici quelques-unes des lignes de force qui structurent sa pensée, et qu’exprimait fort clairement une lettre adressée par lui au Révérend Père abbé de Randol avant la session d’été que FIDÉLITÉ ET OUVERTURE tint auprès de cette abbaye, filiale de Fontgombault, en l’an 2000 ; en voici de larges extraits :

 

TEXTE DE GÉRARD SOULAGES

1 – C’est la crise de l’Eglise qui est à l’origine du groupe FIDÉLITÉ ET OUVERTURE et, spontanément, je me suis tourné vers des centres qui vivaient en profondeur de la foi catholique, en particulier vers l’abbaye de Fontgombault et vers vous. Toute ma vie, j’ai souhaité que l’Eglise soit un centre d’unité ; et, dès 1933, au groupe Marcel Légaut, nous priions pour la réconciliation des chrétiens : le Père Portal, Lord Halifax, l’abbé Couturier… Mais, après Vatican II, notre prière s’est précisée : nous avons souffert de la rupture de Mgr Lefebvre. D’où mon livre « Division ou pacification dans l’Eglise ». Je sais que vous aussi souhaitez la réconciliation des catholiques autour du Saint-Père. J’ajoute ceci : l’ouverture à l’homme moderne et à sa culture n’est fondée que par une totale fidélité au Dieu de la Révélation.

2 – L’exégèse : je ne suis pas totalement ignorant de ces problèmes et j’ai regretté certaines modes qui nous auraient tournés vers Bultmann. D’où de nombreux articles dans notre bulletin. Cela m’a valu des attaques et même des insultes. C’est M. le Cardinal Ratzinger qui a pris notre défense (…). Oui, avec Divino afflante, il faut toujours rechercher le genre littéraire d’un texte biblique avant d’en faire la critique, - et l’on doit être capable de faire, en même temps, la critique de sa propre critique, la critique de ses hypothèses de travail… Surtout, il faut, de toute nécessité, passer de la critique rigoureuse d’un texte à son interprétation spirituelle, à l’herméneutique, qui nous oblige à situer ce texte dans la plénitude de la Révélation et d’en saisir la signification pour la foi. De ce point de vue, j’attache une grande importance au travail du Père Ignace de la Potterie (qui est un ami du Groupe) : Exégèse chrétienne aujourd’hui. Cette position me rend très libre devant les travaux de Bultmann, qui finalement nous plongent dans un certain fidéisme luthérien. Cette attitude m’a valu l’amitié d’un autre luthérien, le professeur Oscar Cullmann, qui était présent au Concile : il avait retrouvé une position proche de l’Eglise catholique avec son Histoire du Salut, même s’il n’avait pas compris que la notion de Tradition vise une vie relevant de l’Esprit, et par là une manière d’interpréter l’Ecriture.
J’ai écrit, dans notre Bulletin et ailleurs, que la Tradition est une « Mémoire qui enracine l’Eglise dans son Passé pour l’ouvrir sur son Avenir grâce à un continuel rajeunissement qu’opère le Saint-Esprit ». Des autorités romaines m’ont remercié d’avoir écrit cela.

3 – Troisième point bien délicat : mes recherches sur le Péché Originel. Des chrétiens "progressistes", certes généreux, ont obscurci en eux le sens profond de la foi, parce qu’ils ont perdu le secret du Péché Originel. D’où leur incapacité à comprendre le drame actuel de notre Humanité pécheresse, et, plus profondément, à vivre de l’intérieur le mystère de l’Incarnation rédemptrice. Oui, les "progressistes", chrétiens ou incroyants, ont raison de "croire en l’Humanité", mais une telle foi n’est fondée, n’est saine, qu’enracinée dans le Dieu de la Révélation qui juge l’homme, le reprend en main et le purifie pour le sauver. L’athéisme moderne fait de l’Humanité un absolu, et nous avons l’actuel "humanitarisme". Ainsi la foi en l’homme remplace la foi en Dieu. Nous tombons ainsi dans le péché de l’idolâtrie par excellence.

Mais comment nous représenter, à notre époque, le Péché originel, alors que la Terre est devenue pour nous un point perdu dans l’infinité de l’espace et que la recherche scientifique nous affirme que l’émergence de l’homme s’est accomplie par une série d’étapes et qu’elle s’enfonce dans la nuit des temps ? Oui, l’Eglise a raison d’affirmer les thèses traditionnelles :

- Dieu a créé l’homme à son image et ressemblance.

- Dieu est intervenu directement pour la création de l’être humain.

- Au départ, il y a eu certainement monogénisme.

Cependant, cela affirmé sans hésitation, il faut préciser que nous ne savons pas comment Dieu s’y est pris pour créer le premier homme. La Genèse nous révèle seulement pour la foi la signification de l’acte créateur divin. Mais nous ignorons totalement les modalités empiriques de l’acte créateur divin. Paradoxe : la recherche scientifique nous dévoile certaines modalités de l’acte créateur, au moins partiellement, parce que la dimension spirituelle et métaphysique de la création de l’être humain échappe à la recherche scientifique. Or, l’Histoire du Salut, qui nous révèle l’action de Dieu dans le temps, s’est accomplie selon des étapes, les dernières étapes étant Israël, Jésus-Christ, l’Esprit-Saint qui agit dans l’Eglise. Il me semble que les étapes de l’Histoire du Salut éclairent et donnent un sens nouveau aux étapes multiples de l’Histoire de la vie, - non seulement les éclairent mais les accomplissent. D’où ma profession de foi personnelle :

« Je crois en Dieu,
qui veut refaire ma vie et celle de l’Humanité
par Israël et la Torah,
par Jésus-Christ, son Evangile, sa Passion et sa Croix,
par l’Esprit-Saint qui guide l’Eglise
et engendre en elle l’Homme nouveau, les Saints,
afin qu’au jour du Jugement
la Création renouvelée soit accomplie par le Christ
et que Dieu soit tout en tous. »

Profession de foi strictement personnelle que je dois à la méditation assidue de Saint Paul. Cette profession de foi suppose trois choses :

- La beauté et la bonté de la création.

- La gravité du péché de l’homme qui désobéit à Dieu.

- Le rôle bouleversant du Christ, le salut qu’Il apporte, celui que nous révèle le chapitre 15 de la première épître aux Corinthiens, où il est dit que le Christ doit faire la conquête de toute la Création, y compris de la Mort, pour la remettre entre les mains du Père "afin que Dieu soit tout en tous". Ainsi le péché de l’homme, le péché originel, retrouve toute sa place et toute sa signification et il n’y a plus d’opposition entre l’enseignement le plus assuré de l’Eglise et la recherche scientifique.

Trois remarques :

- D’abord, la recherche scientifique n’est jamais achevée. Elle remet toujours en question ses propres découvertes et est toujours en recherche. Un texte de Pascal, tiré de son opuscule "Traité sur le vide" l’exprime admirablement : « De sorte que toute la suite des hommes, pendant le cours de tant de siècles, doit être considérée comme un même homme qui subsiste toujours et qui apprend continuellement. »

- Ensuite, importance pour tout homme, et d’abord pour le chrétien, des structures de la loi, donc des règles. Le Christ ne vient pas abolir la Loi, mais l’accomplir par l’Evangile, par la Charité.

- Enfin, deux aspects dans cet accomplissement : en premier lieu le renouvellement en profondeur du cœur de l’homme par la grâce divine qui nous apprend à aimer comme Dieu aime avec une infinie intelligence, une infinie patience, une infinie bonté… Mais ce renouvellement d’ordre surnaturel se double d’un enrichissement naturel visible de nous-mêmes : un plus grand équilibre, une intelligence plus perspicace, une maîtrise de soi plus assurée, une admirable douceur. Les saints sont des êtres parfaitement accomplis du point de vue humain.

Oublier le Péché originel, c’est obscurcir les profondeurs de la foi et c’est aussi enlever son vrai sens au mystère de l’Incarnation rédemptrice, - et c’est, en même temps, ne plus comprendre le drame trop visible de notre Humanité actuelle, capable des plus grandes choses mais aussi des plus monstrueuses (…)

L’expérience mystique nous fait pressentir ce qu’aurait pu être l’homme si, dès l’origine, son vouloir profond s’était identifié au vouloir divin.

 


 

LETTRE D'INFORMATION

Une lettre d'information a été envoyée aux abonnés le 3 août 2015. Vous pouvez la consulter sur notre site en cliquant ici.

 


 

RENONCIATION DE BENOIT XVI ET ELECTION DU PAPE FRANÇOIS

Chers Amis,

Les événements récents ont bien sûr été vécus de façon attentive et avec beaucoup d’émotion par les membres de Fidélité et Ouverture, les anciens qui ont connu les bouleversements de notre Eglise il y a quelques décennies, comme ceux qui se sentent proches du combat mené en son temps par Gérard Soulages et ses amis, proches des réflexions encore nécessaires pour que notre Eglise de France soit toujours plus fidèle et unie.

Nous nous souvenons du jour d’avril 2005 où le cher Cardinal Ratzinger fut élu pape. Nous connaissions les liens de Fidélité et Ouverture avec celui qui, aux côtés de Jean-Paul II, tenait ferme depuis longtemps contre les dérives qui menaçaient de faire chavirer le navire Eglise. Le Cardinal avait à diverses reprises confirmé Gérard Soulages et ses amis dans leurs efforts pour que les croyants restent fidèles à la doctrine catholique tout en étant ouverts au monde actuel.

Benoît XVI a décidé de renoncer au Siège de Pierre. Nous ressentons notre pauvreté, mais nous voilà riches de ses enseignements, de ses encycliques, de ses livres qui continueront d’éclairer notre Foi.

Bienvenue au pape François ! L’unanimité des commentaires positifs qui a entouré les premiers gestes de son pontificat est réconfortante. Avec l’aide de l’Esprit Saint, continuons de travailler à ce qui fut l’obsession de Benoît XVI : la transmission de la Foi dans sa pureté et la vie en Christ : que tous le connaissent !

Concluons par le dernier message de Benoît XVI comme pape : « Merci pour votre amour et pour votre soutien. Puissiez-vous expérimenter toujours la joie de mettre le Christ au centre de vos vies. (…) Allons de l’avant en compagnie du Seigneur. Et maintenant, de tout cœur, je vous bénis ».

J-F. R.


 

Nous portons à votre connaissance cette possibilité de cours par correspondance, en lien avec le Service Biblique Catholique EVANGILE ET VIE

LE PASSAGE

Cours par correspondance pour approfondir la foi chrétienne

Les cours du Passage s’adressent à celles et à ceux qui désirent approfondir la foi chrétienne ou qui sont intéressés par l’un des sujets proposés dans ce programme.
Ils permettent d’être guidés personnellement pour mieux comprendre sa foi et lui donner du souffle.
Ces cours peuvent aussi permettre de mener une réflexion avec des amis ou dans une équipe, dans une communauté, dans une paroisse.

Pour l’inscription ou pour toute demande, s’adresser à :
LE PASSAGE
3 rue Duguay-Trouin
75006 PARIS
Tél : 01 45 44 03 30
lepassage@saintmartin.com.fr

Les cours comportent 8 travaux écrits. Coût 170 €
Exemples de cours :
DIEU AUJOURD’HUI
DIEU LE PERE
DECOUVRIR JESUS-CHRIST
LE MYSTERE DE JESUS-CHRIST
LES GRANDES INTUITIONS DE VATICAN II
LA MORALE CHRETIENNE
NOS RAISONS DE CROIRE ET D’ESPERER
APPRENDRE A LIRE LA BIBLE
Etc…

D’autres cours comportent 3 travaux écrits. Coût : 80 €

Les Mini-cours avec un seul travail écrit. Coût : 25 €

LE PASSAGE offre la possibilité d’étudier, en relation avec un correcteur qualifié, un cours de votre choix.
Le rythme est normalement l’étude d’un chapitre par mois. Il peut être ralenti ou accéléré selon les possibilités de chacun. Compter plusieurs heures de travail pour chaque chapitre. Le livret du cours est envoyé après la réception du règlement de l’inscription.

 


 

IN MEMORIAM

Monsieur Gérard SOULAGES est le fondateur du Groupe FIDELITE ET OUVERTURE.

Professeur de philosophie à Châteauroux, ses engagements dans la vie de l'Eglise lui ont fait connaître de près tous les remous existant depuis les années 30 et l'ont mis en contact avec d'éminentes personnalités, universitaires comme H.I. Marrou, J. Perret, G. Marcel, J. Guitton, ou ecclésiastiques comme les cardinaux Journet, de Lubac, Daniélou.

Tous appelaient de leurs vœux le renouveau que devait apporter le Concile Vatican II, mais tous ont ressenti une vive inquiétude en constatant qu'une mauvaise interprétation de celui-ci tendait à occulter des aspects majeurs de la foi chrétienne, " la Foi chrétienne authentique, celle qui nous enracine dans le Dieu de la Révélation, celle qui sait les étapes de l'histoire du salut, la place d'Israël, la Seigneurie du Christ, le rôle de l'Esprit dans l'Eglise, et l'importance de ce jugement dernier que certains s'obstinent à nous faire oublier " (Préface de G. Soulages à son Dossier sur le problème de la catéchèse - 1977).

C'est pourquoi, encouragé par les grands esprits et grands serviteurs de l'Eglise ci-dessus nommés, Monsieur Soulages a fondé en 1972 le groupe Fidélité et Ouverture : fidélité à la grande Tradition de l'Eglise, entendue non comme un héritage figé, mais comme une transmission vivante des vérités de la foi, et en même temps ouverture aux problèmes spécifiques des hommes de ce temps.

Animateur infatigable tant que sa santé le lui a permis, et grâce à l'appui sans faille de son épouse, Gérard Soulages a maintes fois souligné dans ses livres, dans le bulletin trimestriel du Groupe, dans les réunions de celui-ci à Paris ou ses sessions d'été, l'importance de toutes les propositions du Credo (il aurait souhaité une plus large diffusion du "Credo de Paul VI", armature toute trouvée d'une catéchèse solide) ; le lien entre la vie spirituelle et la morale chrétienne, fidèle au Décalogue et aux Béatitudes ; la lecture des Ecritures, dont le Magistère est l'exégète autorisé ; l'attention aux écrits des Pères aussi bien qu'à la vie des saints les plus humbles ; la place, dans notre vie chrétienne, de la Vierge, des martyrs, des saints, qui dès l'origine ont aidé tant de générations à vivre leur foi ; l'économie sacramentelle reçue du Christ, et transmise, développée, précisée par l'Eglise et les conciles ; l'importance, par conséquent, du sacerdoce ministériel et du saint sacrifice de la Messe ; la confiante obéissance au Pape et aux évêques en communion avec lui, et donc aux apports du concile Vatican II, sans qu'on se permette de l'interpréter au gré des fantaisies individuelles pour lesquelles ouverture au monde signifie parfois, abusivement, conformité aux revendications de l'hédonisme matérialiste ambiant. Il faut signaler aussi ses rapports confiants avec un saint prêtre, exégète éminent, M. l'Abbé Carmignac ; il appréciait son souci de ne pas lancer sans contrôle dans le grand public des hypothèses de travail propres à déstabiliser la foi, mais de montrer au contraire par une patiente et savante analyse des textes - ceux de Qûmran par exemple - combien le contenu des Evangiles était fiable.

Ancré dans ce qu'il appelait "l'abrupt de la foi", Gérard Soulages savait qu'au cœur de toute vie chrétienne authentique se place l'épreuve de la Croix, mais il avait parallèlement une confiance totale dans la miséricorde infinie de Dieu ; aussi accompagnait-il la signature de toutes ses lettres de la formule : " In misericordia Domini ".

Il n'est pas étonnant que ces dispositions lui aient valu l'estime de maints grands théologiens de notre époque, y compris le théologien protestant Oscar Cullmann qui trouvait avec lui bien des points d'accord, ou le théologien catholique Hans Urs von Balthazar avec qui il échangea une correspondance suivie. Ni qu'il ait salué avec une joie profonde la clarté et la fermeté des enseignements du Pape Jean-Paul II ; la publication du "Catéchisme de l'Eglise Catholique" et, à une date toute récente, de son abrégé, répondait aussi opportunément à sa profonde souffrance devant les échecs de la transmission de la foi dans au moins deux générations successives.

Il supporta patiemment de rencontrer des incompréhensions agacées et se targua peu des échos favorables à ses efforts obtenus parfois au plus haut niveau, lui qui se qualifiait volontiers de " serviteur inutile encore utilisé " ; son rôle dans l'Eglise ne fut pas négligeable et le temps permettra de mieux le mesurer.

Le Groupe Fidélité et Ouverture, constitué de personnes bien différentes par leur origine, leurs options, leur sensibilité, s'est soudé autour des certitudes de foi défendues avec un courage admirable par Monsieur Soulages, et les a relayées auprès de divers milieux et mouvements ; " communauté utopique et provisoire ", disait-il avec une souriante humilité, mais l'amitié spirituelle profonde qui la caractérise survivra à son fondateur.

Gérard Soulages est mort au matin du 3 Octobre, jour de sa fête. A cette date, pour l'office du milieu du jour, on récite des extraits du psaume 118 (119 suivant l'autre numérotation) ; il pourrait tout entier servir d'illustration au combat de ce grand serviteur du Christ et de l'Eglise. Retenons seulement ces quelques versets pour conclure :

" Dans tes volontés je mets mes délices ;
Je n'oublie pas ta parole (…)
Guide-moi au chemin de tes commandements,
Car j'ai là mes délices.
(…) Que ta main me soit en aide,
Car j'ai choisi tes préceptes !
(…) Que vive mon âme à te louer ! "

Marie-Louise MANSON
Secrétaire de Fidélité et Ouverture
13, rue Sully 37000 TOURS

 

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Quelques photographies de membres du Groupe Fidélité et Ouverture

sur la droite, Mlle Manson, présidente de F & O

au centre, Mlle Roure, trésorière de F & O

au Grand Fougeray en août 2002, avant la procession à Sainte Marie Reine

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LA FOI DE L'ÉGLISE ET L'ÉCRITURE
(extrait du bulletin N° 167 de janvier 2003)

Voici un texte important de Gérard Soulages. Il est possible de commander les bulletins en prenant contact par e-mail.


Monsieur le Cardinal Ratzinger nous a adressé, en mars 2001, une lettre très importante. Je voudrais réfléchir sur ce texte qui devrait guider l'effort du groupe "FIDÉLITÉ et OUVERTURE".

I - (Citation de la lettre du Cardinal Ratzinger)

Joseph Cardinal Ratzinger
I - 00120 CITTA DEL VATICANO

2 mars 2001


M. Gérard Soulages
Fidélité et Ouverture
81 bis, Avenue de Blois
F-36000 CHÂTEAUROUX

 

 

Monsieur


Recevez mes excuses pour le retard de ma présente réponse, dû à l'abondance de travail au cours de ces derniers mois.

J'ai lu avec une attention particulière vos réflexions sur le péché originel. Elles constituent un grand pas au sujet de la relecture nécessaire de ce dogme dans le contexte de la vision moderne du cosmos et de l'origine de l'homme, profondément pénétrée par l'idée d'un monde en évolution. Ces réflexions vont dans la juste ligne et jettent une lumière nouvelle sur la compréhension de l'essence du péché originel.

Je vous remercie aussi pour les autres apports et surtout, pour la patiente et continuelle insistance sur la redéfinition de l'exégèse historico-critique en référence à la nécessité d'une lecture ecclésiale de la Bible. Celle-ci doit prendre en compte l'interdépendance réciproque qui existe entre l'Eglise et l'Écriture. La Parole de Dieu porte en soi l'Eglise dans laquelle et de laquelle elle est née et l'Eglise, à son tour, vit de l'Écriture à travers laquelle son Époux, le Christ lui parle.

En vous renouvelant ainsi qu'à tous les membres de "Fidélité et Ouverture" mes meilleurs vœux, je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments dévoués.

Joseph Card. Ratzinger

 

J'analyserai d'abord la deuxième partie de ce document qui traite de "l'existence Historico-critique en référence à la nécessité d'une lecture ecclésiale de la Bible". Par besoin de vérité, le chrétien comme tout homme est incliné à une analyse critique des textes bibliques. Pour nous guider, notre ami Henri Marrou nous a laissé une sorte de testament d'historien avec son livre : "De la connaissance historique" (Seuil), que confirme l'œuvre de Jean Guitton. Nous devons pratiquer une lecture critique des textes de l'Ancien et du Nouveau Testament. Mais une telle lecture n'est saine que si elle se double de la "critique de la critique", de la prise de conscience des pré-supposés, des pré-jugements philosophiques et théologiques qui commandent cette critique. Au siècle dernier, le Père Lagrange a été pour nous un modèle d'une critique ouverte des textes du Nouveau Testament qui nous délivrait de Loisy et de Bultmann.

En ce moment, je lis avec une grande attention le dernier travail du Père Philippe Rolland : "La mode "pseudo" en exégèse" (Éditions de Paris). Une analyse extrêmement minutieuse montre à l'évidence que les derniers livres du Nouveau Testament ne sont pas des faux tardifs, mais qu'ils sont témoins de ce tragique combat qu'ont mené les disciples du Christ par amour de leur Seigneur Jésus. On peut et on doit dater avec précision ces documents, et tout d'abord l'épître aux Hébreux, - et avec elle une série de textes qui s'entrelacent et dépendent les uns des autres. Pour les derniers textes du N.T., le Père Rolland propose l'ordre suivant : d'abord, Tite, 1ère Timothée, 2ème Timothée, 2ème Pierre, Hébreux, Jude. Et tous ces documents doivent être situés avant la chute du Temple, avant 70. Résultat : avec tous ces textes étonnamment reliés entre eux, interdépendants et datés avec précision, le Nouveau Testament se présente comme témoin d'un fait historique très précis, massif, incontournable, qui fonde la Foi de l'Eglise. L'Eglise naissante se découvre comme un tout vivant, comme une semence, comme un véritable germe unifié qui ne demande qu'à grandir et qu'à se développer.

Mais, près de cette exégèse historico-critique, près d'une analyse scientifique des textes de la Bible, il faut mettre quelque chose d'encore plus essentiel, la recherche de la signification spirituelle de tous ces textes pour la foi. Les philosophes, les théologiens se servent d'un terme savant pour désigner cette recherche : l'herméneutique. Avec cette recherche, nous entrons directement dans le domaine religieux chrétien, et même les hommes d'Eglise les plus humbles, deviennent des "herméneutes", des témoins spirituels des réalités enfermées dans l'Écriture, dès qu'ils veulent commenter le moindre texte de la Bible - par exemple chaque dimanche lorsque le prêtre doit expliquer à la messe les textes de la liturgie. Paradoxe : c'est l'Eglise elle-même qui est "herméneute" par excellence, celle qui a la charge de dire le sens spirituel de l'Écriture, de faire connaître aux hommes la vraie signification de la Révélation. Cela nous délivre de nombreuses hésitations et de nombreuses erreurs. Immense importance des Conciles œcuméniques. Un concile réunit tous les évêques de l'Eglise à un moment solennel de son histoire ; et, de ce fait, il oblige ces témoins privilégiés de la foi à travailler ensemble, à échanger leur savoir, leur expérience chrétienne, leur enracinement en Dieu. Surtout, réalité ecclésiale bien plus profonde : l'Eglise affirme que l'Esprit Saint est présent et agit au cœur des débats d'un Concile, non seulement dans l'intention secrète qui commande chacun des Pères conciliaires, mais globalement avant tout et surtout parce que l'Eglise est l'Épouse de Christ et que Dieu prend un soin particulier, vraiment unique, de son Épouse. Résultat : le simple fidèle peut se dire lui-même, peut proclamer sans hésiter : "Je crois ce que croit l'Eglise, ce qu'elle affirme, ce qui la fonde". Ainsi est dépassée, rectifiée, complétée la simple exégèse historico-critique. Plus profondément : avec l'herméneutique, la recherche ecclésiale de la signification des Écritures est accomplie. La foi établit dans chaque chrétien un fondement d'une extrême solidité, qui est bien plus que ce que nous pouvons arriver à connaître personnellement avec nos propres forces et notre propre savoir, mais qui est ce que tout croyant reçoit et sait, avec les forces et le savoir de l'Eglise, avec les Forces et le mystérieux Savoir de Dieu. Importance primordiale du Credo.

II -

L'analyse du deuxième paragraphe de la lettre du Cardinal Ratzinger va nous permettre d'aborder la première partie de ce document et de l'approfondir, en réfléchissant sur le dogme du Péché Originel. L'élaboration de la notion de "Péché Originel" dépend certainement de l'exégèse critique des textes de l'Écriture, en particulier de l'exégèse du premier livre de la Bible, la Genèse, - mais, en même temps, ce dogme relève de l'enseignement le plus assuré de l'Eglise, un enseignement qui nous oblige à réfléchir sur le destin de l'Humanité et sur la signification spirituelle de ce destin. Nous retrouvons ainsi l'herméneutique.

Que l'on m'autorise des confidences… Dans ma jeunesse, j'avais été mêlé à des recherches sur l'origine de l'homme, celles que menaient Teilhard de Chardin, l'abbé Breuil, Mademoiselle Henriette Alimen, Edouard Le Roy, et bien d'autres chercheurs, certains philosophes de grande autorité. Nous ne dirons jamais assez ce que nous devons à Bergson. Une question me tracassait : comment l'acquis scientifique moderne, définitif en certains points, peut-il être concilié avec l'enseignement traditionnel de l'Eglise sur le mystère de l'homme et sur le Péché Originel ? A première vue, il y avait là une contradiction. Une réponse nous était donné par le Père Teilhard de Chardin qui voit dans l'émergence d'un être pensant capable de raison et de réflexion, capable de liberté, l'accomplissement supérieur de la Vie. A la bio-sphère succède la noosphère, la sphère de l'Esprit qui définit le domaine de l'Humanité. Certes il est difficile de percevoir quand un "hominidé" n'est plus un simple animal entièrement soumis aux déterminismes de la nature, mais devient un être véritablement humain. En fait, ce problème est lié aux obscurités dès que l'on cherche à passer du domaine objectif des faits à leur signification spirituelle pour le philosophe et pour le théologien.
Cette difficulté apparaît lorsque nous nous demandons à quel moment un embryon fécondé devient un être humain véritable. Déjà saint Thomas d'Aquin semble avoir hésité, lorsqu'il se demandait s'il fallait attendre trois mois pour dire qu'un fœtus est véritablement un être humain… Entre un embryon fécondé et un être humain accompli, il y a autant de différences qu'entre le tout petit enfant et l'homme adulte, - cependant cet embryon fécondé, ce fœtus humain définitivement accompli, ce tout petit enfant qui vient de naître, cet homme pleinement adulte sont un seul et même être, - et l'on parle de "personne humaine". Nous sommes au cœur des problèmes métaphysiques les plus difficiles.

Ce que je viens d'écrire me rend humble et prudent. Qu'est-ce que le Péché Originel ? Oui, le Péché Originel est un dogme fondamental pour la foi chrétienne, mais pouvons-nous nous représenter empiriquement un tel Péché ? Pour le Christianisme traditionnel, ce Péché Originel est bien autre chose qu'un accident de l'évolution, bien autre chose qu'un "ratage", qu'une "régression", qu'une "involution"… Pour bien comprendre cette réalité, il faut méditer sur le texte de la Genèse, qui finalement nous renvoie à toute la Bible, à une Humanité en débat avec Dieu. Qui est Adam ? Un individu historique précis, ou bien un type, le modèle de l'être humain, mieux, le modèle de l'Humanité ? Certes, le livre de la Genèse est bien plus qu'une parabole, mais c'est d'abord une parabole d'une profondeur extraordinaire qui nous découvre le destin mystérieux de l'Homme. Adam est un insoumis, celui qui a goûté au fruit de l'Arbre du Bien et du Mal et qui désormais refuse d'obéir à Dieu. Dans ma jeunesse, je reprochais au vénéré Père Lagrange, de n'avoir pas publié ses recherches sur la Genèse. Je pense maintenant que le Père Lagrange a eu raison d'obéir. Il faut donner du temps aux hommes pour aborder certains problème. Désormais, nous n'avons plus de difficultés majeures pour analyser les divers problèmes que pose le livre de la Genèse et pour aborder sereinement le mystère du Péché Originel. Ce Péché nous découvre une Humanité qui refuse de se soumettre à Dieu et qui, perdant le sens de Dieu, perd le secret de sa finalité. De ce fait, l'Humanité ne sait plus où elle va. L'Humanité historique, insoumise, sans finalité, écrasée parfois par le doute, tentée par l'athéisme, est capable du meilleur et du pire, du Bien et du Mal. Nous faisons l'expérience des conséquences du Péché Originel, même si nous ne pouvons pas élucider ce mystère, même si nous ne pouvons pas nous représenter "empiriquement" le Péché Originel lui-même, - je l'ai écrit plusieurs fois. Pour parler le langage de la théologie du Concile de Trente, le "Peccatum Originale Originans", la cause visible du Péché Originel, à la fois historique et métaphysique, échappe à l'homme. En revanche, nous faisons l'expérience des conséquences parfois effrayantes de ce Péché. Ainsi nous touchons du doigt, non seulement les contradictions tragiques, mais encore, et bien plus profondément, la nécessité d'un Salut et d'une Révélation.

Péché Originel : problème très difficile. Comme nous remercions le Cardinal d'avoir reconnu notre effort ! :

"Ces réflexions vont dans la juste ligne et jettent une lumière nouvelle sur la compréhension de l'essence du péché originel… Elles constituent un grand pas au sujet de la relecture nécessaire de ce dogme dans le contexte de la vision moderne du cosmos et de l'origine de l'homme, profondément pénétrée par l'idée d'un monde en évolution".

Conclusion : Nous retrouvons la première partie de ce travail… Oui, nécessité d'une exégèse historico-critique, à condition que l'on soit capable de la "critique de la critique", - à condition surtout que cette exégèse soit renouvelée par l'herméneutique, par une recherche ecclésiale de la Signification spirituelle de l'Écriture pour la Foi.


Gérard SOULAGES

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